Les recruteurs peuvent patienter jusqu’en 2011 ; un peu avant la présidentielle. Tous les émergents se déclarent disponibles à cette échéance précisément. Il n’y a que le docteur-président qui ne se rend pas compte de couver des œufs pourris. Tous ses lieutenants clament urbi et orbi être sous contrat jusqu’en 2011, à la fin du mandat. Une invite à une renégociation des termes de la collaboration avec le régime du Changement ? Le refrain revient comme un leitmotiv de la part des courtisans les plus insoupçonnés. Jean Gounongbé, Victor Tokpanou, Lionel Agbo, Martin Dohou Azonhiho, etc… Presque tous semblent avoir rivé le compteur sur l’horizon 2011. Après, personne ne saurait présager de ce qui pourrait advenir. Pas même Yayi, toujours enfermé dans la virtuelle bulle des applaudisseurs et des accompagnateurs intéressés. S’il pouvait savoir comment ils rient dans son dos !!!
Les gars du Changement n’ont pas fini de nous épater avec leur boite à hilarité. Leur champion est encore en place, court après un rempilage, dispose d’un regroupement politique, Fcbe, pourtant, eux tous, s’activent à créer leurs propres formations politiques. Le repositionnement avant l’ère des surenchères et des marchandages. Comme si en France Fillon disait à Sarkozy qu’il se sent engager avec lui uniquement jusqu’en 2012. Et qu’à cette époque il se pourrait qu’il soit séduit par les escapades Ségolène ou les indécisions de François Bayrou. Il ne coûte rien à Yayi de s’inspirer de l’expérience de l’Union du Bénin du futur (Ubf) que l’on croyait entièrement dévoué à Kérékou. On a vu la célérité avec laquelle le vide s’est fait autour de ce dernier dès que sa retraite politique s’est précisée. Face aux revirements spectaculaire qui ont réduit l’alliance victorieuse de 2006 a sa plus simple expression, les profiteurs ne jurent désormais que par des retournements de veste sous le prétexte de fin de contrat avec Yayi.
En clair, c’est la grande majorité du personnel de l’émergence qui se déclare disponible dès la fin de ce premier mandat de Yayi. Une preuve à suffisance que l’engagement ne se base pas sur un projet de développement capable d’aller au-delà d’un quinquennat. Ce qui confirme la prévalence des questions existentielles à l’origine de l’association de ceux qui chantent vouloir conduire le Bénin vers la croissance à deux chiffres, l’industrialisation tous azimuts, la disparition de la pauvreté et le paradis. Ces nobles intentions ne rimaient en rien, à première vue, à la bouffe partagée qui consiste à en mettre suffisamment de côté en buildings, en comptes bancaires ou en maîtresses pour les amis, les parents et les coquins, l’espace d’un mandat présidentiel de 5 ans. Avec la frénésie exceptionnelle des gré à gré, des surfacturations, des tournées ministérielles injustifiées, des voyages présidentiels opportunistes, des dépenses extrabudgétaires, on comprend que certains courtisans soient blasés et rêvent de passer à autre chose au bout de 3 à quatre ans. Mais, puisqu’on ne sait ce qu’on peut engranger de supplémentaire au bout des quelques mois qui restent à venir il vaut garder les rangs en attendant.
Ces tentatives de repositionnement apparaissent comme de grotesques pièges pour les chantres d’une alternance en 2011. En effet, les déserteurs du Changement n’envisagent qu’une seule chose : pouvoir se faire enrôler par les nouveaux maîtres au cas où la roue tournerait. Or, ces émergents-là ont déjà tronqué leurs intellects intrinsèques contre les combines, la ruse, les entourloupes et les compromissions. Ce ne serait que fatalité que de voir l’alternance en question s’engluer dans le renouvellement des contrats de corruption et de déstructuration des acquis de la conférence nationale.
Nous n’avons pas encore vaincu la fatalité !!!



Commentaires récents