Et si la mouvance laissait Yayi travailler ???

 Pour le moment, cette mouvance n’a été utile qu’à conduire le pays au taux de croissance le plus dégradant de la sous région. Pourtant, le chef de l’Etat n’a de cesse de rappeler ce qu’il dit considérer comme des perspectives économiques nationales : le coton, les réformes portuaires, la diversité des cultures de rente, la zone franche, la bonne gouvernance. Jamais il n’a été question de marche de soutien pour booster une croissance en agonie. Encore moins de rhétoriques folkloriques, de provocation gratuite ou de psychose tous azimuts. Mais apparemment, ces prescriptions maintes fois renouvelées ne semblent pas préoccuper certains prétendus disciples de la refondation. L’interview du 1er aout est devenu le prétexte tout trouvé pour beaucoup d’entre eux pour abandonner postes, dossiers, missions au profit d’une foire d’empoigne digne de chiffonniers désœuvrés.

On peut comprendre que les personnes directement interpellées par l’interview présidentielle manifestent quelques réactions. Mais pas que des forces politiques entières puissent s’extasier sur l’événement durant près d’un mois. Au lieu de fortifier le creuset de proposition et de réflexion destinés à apporter au régime les idées nécessaires en vue de recoller aux nations voisines. Jusque là, Yayi n’a obtenu de cette partie de sa mouvance que fantasmes, polémiques et chienlits. Alors que son gouvernement attend véritablement des actes d’accompagnement politiques conséquents notamment par l’apport en idées nouvelles. Les partisans de Yayi auraient dû transformer son épique exposé du 1er aout en journée de réflexion, en table ronde, en document de synthèse ou en orientation pour les actions futures du gouvernement. Plutôt que des esbroufes médiatiques sans lendemain ou les noms d’oiseau très nuisibles à l’élan commun attendu de toute la machine de production nationale.

A suivre les marcheurs et autres harangueurs de foule de près, c’est comme si la réflexion en vue de la refondation du Bénin est achevée et qu’il n’y a plus rien à faire que de chanter, danser, louanger, boire et manger. Les appels au labeur délivré dans les champs de coton par leur champion ne leur parviennent que très faiblement. A peine si certains profitent des occasions des marches afin d’exposer à la nation les avancées du régime. Comme si la croissance économique pourrait être relevée juste avec des allégories insultantes, des chasses aux déstabilisateurs innommables, des invectives aux opposants. Cela traduit le très peu de crédit qu’ils accordent aux multiples incitations au travail du chef de l’Etat. Seules compte à leurs yeux leurs avidités dévorantes à se voir sur les écrans de télévision dans un ubuesque concours de meilleur insulteur public.

C’est Yayi le plus malheureux dans cette affaire puisqu’il assiste impuissant à une sorte de sabotage de son bilan. En effet, il est clair qu’à l’heure du devoir de reddition de compte, le nombre de marches de soutien, de meeting, d’insultes télévisées ne figurerait pas au tableau d’affichage. Si les excités de la mouvance ne savent pas comment contribuer au succès de la mission de leur champion supposé, qu’il lui laisse au moins sa population aller au champ accroitre la production, ses fonctionnaires aller à leurs postes plutôt de courir après les ministres marcheurs ou ses collaborateurs qui souhaitent agir par le travail et mettre en œuvre leurs parts du boulot sans perturbation. Cette mouvance qui marche devrait quand même se poser la question de savoir pourquoi Yayi lui-même ne s’allie pas à eux dans la poussière, le soleil, la pluie, préférant les plantations, les unités de production, les hôpitaux, les écoles et les chantiers.

La marche contre le travail…

Par Arimi Choubadé

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