A l’épreuve de la main tendue…

Un malaise Rb ? Même dans sa fougue débordante sur la télévision Canal 3, le 16 septembre 2012, le truculent militant Epiphane Quenum s’est souvenu de la ligne rouge à ne pas franchir : la discipline, la ligne du parti et l’allégeance à la hiérarchie. Il n’en demeure pas moins vrai qu’il s’y est livré, à satiété, à une critique en règle de la gouvernance au sommet. L’estocade de l’allié un an après l’acceptation de la main tendue. Pas n’importe lequel puisqu’il ne s’agit ni d’un laissé-pour compte ni d’un marginal. Mais du titulaire du poste de président d’une commission permanente à l’Assemblée nationale considérée comme un des trophées de l’adhésion à la majorité plurielle au même titre que le portefeuille du ministère de l’Environnement d’une des vice-présidences du parlement. Les numéros de solistes de l’intéressé sont connus du côté de Kouhounou, au risque parfois de mettre en péril la solidarité et la cohésion du groupe.

Mais on aurait remarqué que, plus que dans le jardin de la direction de son parti, c’est dans celle de la gouvernance au sommet que se sont adressées les lourdes pierres de Quenum. Une sorte de bilan mitigé du premier anniversaire de la main tendue. Le réquisitoire a pris des allures d’une interrogation bruyante sur l’impact réel de la Rb sur la gouvernance économique et politique après les K.O électoraux. Allusion claire à tous ceux qui avaient pensé, à juste titre, à un estampillage Rb significatif sur la gestion des affaires publiques notamment à propos des réformes surtout dans les domaines de l’agriculture, des finances publiques et du port. En ces matières, la Rb pouvait se targuer de disposer de la meilleure expertise du pays en référence au passage de leur leader charismatique à la tête du pays. Personne n’a oublié que c’est le régime Soglo qui a relancé la filière coton au Bénin et l’a hissé au rang des meilleurs producteurs africains. Qui a émis l’ambition de faire du port de Cotonou l’une des destinations les plus prisées de la sous région. D’où le sentiment de gâchis que malgré la disponibilité des houézèuouès ces réformes pataugent dans la turbulence et la polémique.

Quenum n’a pas manqué de surfer sur les ressentiments au plan de la gouvernance politique, pratiquement le plat de résistance de la guéguerre actuelle. En effet, la « main tendue » avait été bâtie autour de la nécessité de redonner espoir à la nation au lendemain de processus électoraux à haute tension. La Rb s’était soustrait à la logique d’affrontement généralisé à l’origine souvent de troubles meurtriers partout ailleurs sur le continent africain et a opté pour une normalisation de la situation politique nationale notamment à travers des réformes consensuelles. La constitution, la Liste électorale permanente informatisée (Lépi), les transferts de compétence aux communes, le dialogue politique et social figuraient au programme. Le tout afin que la chienlit ne prenne pas le pas sur le bien-être des populations Ce fut il y a un an.

C’est peut-être le moment de poser, illico, les autres jalons de la « main tendue » de sorte à ne pas s’éloigner des espoirs suscités par cette opération de stabilisation de la vie publique au lendemain du traumatisme électoral de 2011 ; et couper l’herbe sous le pied d’éventuels trublions. Une fragilisation de la Rb équivaut forcément à un affaiblissement du régime. Les houézèhouès sont en droit de se poser des questions en constatant que leur parti est plus agressé dans ses fiefs naturels par des prétendus partenaires de la majorité plurielle que les opposants dans les leurs. La main tendue sensée être de la salubrité publique ne saurait se transformer en une croix pendue au cou par les houézèhouès seuls.

« Etre un partenaire loyal mais exigeant », c’était le contrat de départ…

Par Arimi Choubadé

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