Discours sur l’état de la nation : Yayi Boni devant le parlement la semaine prochaine

                         Yayi 02                        (Après une année de grande corruption)

Le discours du docteur Boni Yayi sur l’état de la nation est très attendu la semaine prochaine. Conformément aux dispositions de la constitution, le président de la République sera devant la représentation nationale mercredi prochain. Il fera le point de ses actions au cours de l’année 2009. Et déjà la classe politique, les syndicalistes et les observateurs internationaux veulent l’entendre aborder un certain nombre de sujets liés à la gouvernance, la gestion de la démocratie, la liberté d’expression et le respect des droits de l’homme.

Le régime du Changement a été au cours de l’année 2009 ébranlé par plusieurs dossiers de scandales financiers. L’affaire Cen-sad, l’achat des machines agricoles, la construction des salles de classes… Une série de dossiers qui continuent de susciter la polémique. La corruption aurait atteint son paroxysme ces douze derniers mois. Les fonds publics ont été détournés allègrement. Sans qu’une information judiciaire ne soit ouverte pour interpeller les mis en cause. Des ministres et cadres de l’administration épinglés dans divers rapports continuent de circuler librement. Le Chef de l’Etat aura-t-il le courage d’aborder ces questions dans son discours sur l’état de la nation ? L’appareil étatique est gangrené par la corruption. Les voix les unes aussi audibles que les autres le dénoncent presque tous les jours. Même dans le camp présidentiel, les courageux n’hésitent pas à déplorer la chose. Tous les rapports des commissions mises en place par le Chef de l’Etat pour enquêter sur le scandale de la Cen-sad sont restés sans suite. Le principal architecte de ce dossier, le ministre François Noudégbessi a été rétablit après une mise en scène de suspension de son poste ministériel. Les cadres accusés d’avoir cautionné le « faux » dans l’attribution des marchés publics sont toujours à leurs différents postes. La lutte contre la corruption décrétée par le chef de l’Etat s’est visiblement arrêtée à la fameuse marche dirigée par le docteur en économie, Boni Yayi. Depuis quelques semaines, l’honorable Janvier Yahouédéhou fait des révélations sur l’acquisition des machines agricoles. Il dénonce l’état de ces engins, les conditions dans lesquelles ils ont été achetés et ensuite une surfacturation évaluée à plusieurs dizaines de millions de f Cfa. Jusque-là, aucune commission n’est encore mise sur pied pour vérifier les « allégations » de ce député de la mouvance présidentielle. Le gouvernement entretient toujours le flou autour du dossier. Aux dernières nouvelles, on apprend que des millions sont débloqués pour alimenter la presse nationale en vue d’étouffer l’affaire. En ce qui concerne la construction de 2000 salles de classes, l’honorable Sacca Fikara avait maintes fois parlé d’un détournement de plusieurs milliards de f Cfa. Pas de démenti formel du côté du gouvernement. On préfère se taire et sucer les ressources financières du pays en toute tranquillité. Les bouffons de la Républiques sont mis à contribution. Ils sont souvent diligentés sur les antennes pour vilipender ceux qui dénoncent la gestion qui se fait du pays. Conformément à la constitution, le président Boni Yayi sera donc au parlement, probablement mercredi 30 décembre 2009. Les observateurs nationaux et internationaux veulent l’entendre se prononcer non seulement sur ces cas de corruptions et de détournement de dénier public mais aussi sur la gestion de l’économie nationale au regard des rapports de la Banque mondiale (Bm) et du Fond monétaire international (Fmi). Les autres sujets sur lesquelles de nombreux Béninois attendent également le gouvernement ont trait au recul de la presse et les atteintes aux principes démocratiques.

Par Dieudonné Awélé

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