Après le pardon de Yayi à Fagbohoun : Mécontentement au sein de Fcbe

FAGBOHOUN L. Séfou (ADD)La démarche du Chef de l’Etat, le week-end dernier, vers l’homme d’affaire Séfou Fagbohoun ne fait pas l’unanimité dans le camp présidentiel. Son pardon au président du Mouvement africain pour la démocratie et le progrès (Madep) n’apparaît pas comme un geste d’humilité aux yeux de certains députés et membres influents de l’alliance Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Ils estiment que le docteur Boni Yayi est en train de fuir soit ses responsabilités soit de reculer devant les « agissements » de l’opposition.

En tournée à Adja-Ouèrè, la semaine écoulée, le président de la République a demandé « pardon » au député Séfou Fagbohoun. Il a présenté ses excuses au président du Mouvement africain pour la démocratie et le progrès avec qui il avait eu des démêlées au lendemain de son accession à la magistrature suprême. Cette démarche du premier magistrat a suscité une vive polémique au sein de la mouvance présidentielle. Des ténors du parti au pouvoir s’indignent contre cet acte qu’ils qualifient de « courbette inutile ». Des députés Fcbe ont du mal à comprendre ce qui l’a poussé à faire cet aveu. Surtout en l’absence de celui qu’il croit avoir ‘’offensé’’. Ils ne trouvent pas l’utilité de ce « pardon » dans le contexte politique actuel. Véritables remous dans le camp présidentiel. Dans une conversation téléphonique, un député Fcbe élu dans le septentrion se dit très « offusqué » par cette attitude du président de la République. « Quel péché a-t-il commis contre lui (l’honorable Séfou Ndlr) ? » s’est il interrogé. La déception est grande dans presque toutes les composantes politiques de l’alliance Fcbe. Des responsables de « Jeunes patriotes » trouvent qu’en demandant « pardon » à homme politique de l’opposition, le Chef de l’Etat semble s’incliner devant la volonté de ceux-là qui se prennent pour les dinosaures de la classe politique et « lui complique la gestion du pouvoir ». Ces jeunes de la mouvance visiblement déçus de la démarche de Boni Yayi n’entendent plus s’exposer devant le public pour s’insurger contre un tel ou tel homme politique de l’opposition. Si le Chef de l’Etat n’a pas précisé la nature de son « péché » contre Séfou Fagbohoun, la mémoire collective retient que c’est juste après son élection à la tête du pays en 2006, que le président du Madep a été jeté en prison. Ses biens ont été également saisis. Il a passé un peu plus de deux ans dans la maison pénitentiaire de Cotonou. Après sa libération, il a pris ses distances vis-à-vis de Boni Yayi qu’il a soutenu au second tour des élections présidentielles de 2006. Sa formation politique, le Madep s’est ainsi inscrit dans la droite ligne du regroupement politique hostile au régime du Changement. L’honorable ne cache pas d’ailleurs sa colère envers le président de la République. Sa position est donc claire. Il a maintes fois refusé que son parti participe au gouvernement de Yayi, malgré toutes les démarches entreprises par certains coursiers du palais de la marina. Ses deux militants qui se sont entêtés en acceptant les postes ministériels ne se retrouvent plus dans ses dispositifs.

Par Dieudonné Awélé

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