Changements climatiques/Gestion durable en eau : Un impératif pour le Bénin

Si loin pour d’autres et si proche pour certains, l’eau demeure la denrée la plus précieuse pour tous les êtres vivants. Premier principe de la vie, l’eau est fortement menacée face aux effets néfastes des changements climatiques. La raréfaction de l’eau se fera ressentir d’ici 2020 si les différents acteurs du secteur ne cherchent pas des mesures efficaces pour la conserver à une gestion durable.

Les changements climatiques constituent aujourd’hui l’enjeu environnemental le plus pressant sur lequel le monde entier focalise l’attention, à travers l’élaboration de la convention cadre des nations unies sur les changements climatiques le 09 mai 1992. Phénomène majeur, qui n’épargne à aucun pays du monde entier, surtout les pays africains qui sont les plus vulnérables ; les changements climatiques affectent le secteur de l’eau compte tenu de ses effets perceptibles sur la biodiversité.

En effet, les changements climatiques ont des répercussions graves sur les ressources en eau tant du point de vue qualitatif que quantitatif. L’accentuation des problèmes actuels de manque de l’eau que connaissent certaines régions va entrainer une dégradation de la qualité de l’eau disponible et une augmentation de la salinité. Une élévation des températures aura pour effet d’accentuer l’évaporation et de provoquer une augmentation de la salinité des lacs et des nappes phréatiques.

Selon le document de stratégie nationale de mise en œuvre au Bénin de la convention cadre des nations unies sur les changements climatiques ; au cours de ces dernières années, les zones autrefois marécageuses et inondables se sont asséchées du fait de l’ensablement provoqué par le ruissellement des eaux pluviales. « La modification du régime des précipitations pourrait se traduire par un allongement ou un raccourcissement de la durée des saisons ou par une répartition de plus en plus aléatoire des saisons. Cette situation entrainerait, selon le cas une grande perturbation non seulement dans le secteur agricole mais aussi dans d’autres secteurs de l’économie » a évoqué ledit document. Face à ce tableau sombre et inquiétant, les phénomènes tels que, sécheresse et l’inondation peuvent se produire avec une ampleur et une répartition géographique encore imprévisibles.

L’impact immédiat des changements climatiques sur l’eau…

Le changement climatique va aggraver les pénuries d’eau dues à la demande toujours croissante. Le changement climatique expliquerait environ 20% de l’augmentation de la pénurie d’eau dans le monde (source : rapport mondial Pour la mise en valeur des ressources en eau, Unesco, 2003). Selon des études du groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat(Giec) ; d’ici 2020 entre 75 millions et 250 millions de personnes sont susceptibles d’être exposés à un manque accru d’eau dû au changement climatique. Signalons que les effets potentiels du changement climatique sont multiples et impacteront la disponibilité en eau, la biodiversité, ainsi que la fréquence et l’intensité des événements météorologiques extrêmes comme les sécheresses, les inondations et les cyclones.

            La mobilisation autour du secteur de l’eau….

Le secteur de l’eau est très concerné par l’adaptation au changement climatique. L’adaptation consiste à prendre des dispositions par anticipation pour limiter l’impact du changement climatique et des dommages correspondants.

 A cet effet, il est urgent de renforcer les capacités du service d’évaluation des ressources en eau, veiller à l’évaluation périodique des ressources en eau, de manière à constituer une base de données fiables, procéder à la révision et à l’adaptation du code de l’eau au contexte actuel de changement climatique. Parlant de l’encouragement de la gestion rationnelle et intégrée des ressources en eau, il urge de gérer avec efficience les ressources en eau de surface destinées à des fins agricoles. Egalement, il faut veiller à ce que les nappes phréatiques souterraines ne soient utilisées qu’en cas de force majeure à travers des actions ponctuelles et durables. Entre autres on peut énumérer la réalisation des micro-aménagements hydro-agricoles avec une maitrise partielle ou totale de l’eau, le développement d’un programme d’aménagement des bassins versants dans le souci d’améliorer la durabilité des projets d’aménagement hydro-agricoles et hydro-pastoraux et enfin la réalisation préalable d’une étude d’impact sur l’environnement de tout programme d’exploitation des ressources en eau. Il s’agira concrètement de mener des politiques d’économies de la ressource en eau via des plans d’adaptation à tous les niveaux (international, national et local).

    Des efforts qui encouragent les ardeurs au Bénin…

La république du Bénin a joué une grande partition en ce qui concerne la gestion durable de l’eau. Et ceci, à travers le vote du projet de loi portant gestion de l’eau intervenu en octobre dernier. Ce travail efficace des députés du Bénin se veut d’assurer une gestion intégrée des ressources en eau de façon à « prendre en considération ensemble et à concilier les différentes utilisations et fonctions physiologiques , socioculturelles , économiques , environnementales de l’eau , ainsi que ses éventuels effets négatifs sur les personnes , les biens ou l’environnement , afin d’assurer une utilisation équilibrée , une répartition équitable et une exploitation durables de la ressource disponible ». Il s’agit également de garantir à chacun le droit à l’eau et un accès équitable à la ressource en eau disponible et enfin de promouvoir une politique dynamique en vue d’assurer la conservation des ressources en eau par la définition d’objectifs quantitatifs et qualitatifs. En outre, les dispositions institutionnelles du projet de » loi s’attachent à définir le cadre des interventions et les missions des acteurs publics et privés dans le domaine de l’eau.

Le vote du décret n°2007-325 du 11juillet 2009 relatif au projet de loi portant gestion de l’eau a fait paraître une lueur d’espoir au sein des différents acteurs de la gestion de l’eau. Mais, l’essentiel reste la promulgation de la loi par le président de la république pour une application intégrale des différentes lignes de ladite loi.

Par Rodéric Dèdègnonhou

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