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Blocage des négociations sur la crise politique : Le camp Yayi attend la cour

Blocage des négociations sur la crise politique : Le camp Yayi attend la cour

L’échec de l’initiative de l’archevêque de Cotonou pour dénouer la crise politique qui prévaut actuellement au Bénin n’est pas un fait de hasard, comme en doutaient beaucoup de Béninois. Il a en effet une bonne raison, dont le parti au pouvoir qui s’est fait sous représenté à la rencontre, détient le secret.

Pas de négociation sur le blocage du processus électoral tant que la Cour constitutionnelle ne s’est pas prononcée sur la loi portant règle générale pour les élections législatives et présidentielles de 2011. Une logique bien ancrée dans l’esprit et la tête des yayistes, du plus petit au plus grand, avec en tête de fil, le docteur président lui-même. Une initiative bien ficelée, à laquelle tous les acteurs de la mouvance présidentielle sont associés y compris le très fidèle ami du Chef de l’Etat qui commande aujourd’hui la cour constitutionnelle. Ce qui justifie bien, le silence paisible des sept sages de la plus haute institution du pays sur la loi portant règle générale des élections de 2011, face à la course contre la montre qu’impose le retard dans le processus électoral. A moins de trois mois de la fin du mandat en cours, aucune disposition concrète n’a été prise par le Chef de l’Etat. Toutes les initiatives de l’Assemblée nationale sont systématiquement étouffées par la cour qui apparemment, tient absolument à témoigner sa fidélité au Chef de l’Etat et sa famille politique. Tout se passe comme si toutes les décisions avaient déjà été prises d’avance et chaque membre de la chaîne connait sa mission. Celle des députés de la mouvance étant d’introduire des recours au niveau de la cour, toutes les fois que l’opposition en majorité au parlement, votera une disposition qui n’arrange pas le pouvoir. Et la cour à son tour n’a qu’à casser et c’est tout. Combien de fois n’a-t-on pas entendu les députés de la mouvance déclarer devant les caméras, après le vote d’une loi que ‘’la cour va casser’’. Et au finish, c’est ce à quoi on assiste. Le va-et-vient interminable de la loi portant règle particulière pour des élections présidentielles et législatives de 2011 entre la cour constitutionnelle et le parlement est une illustration parfaite de ce plan plutôt machiavélique du camp Yayi contre la démocratie béninoise. Dans cette catégorie, se trouve la situation de la loi portant règle générale des élections de 2011. Plus d’un mois après son vote au parlement, la cour constitutionnelle de Robert Dossou a préféré la garder au frais. Peu importe si le temps presse et que rien n’est encore fait.

                              La Cena sciemment bloquée

L’installation de la Commission électorale nationale autonome (Cena), chargée de l’organisation des élections est rejetée aux calendres grecs. La loi portant règle générale des élections qui devrait définir la désignation de ses membres et son installation est en souffrance à la cour. Ceci, après plus d’un mois qu’elle est votée au parlement. Mieux, par trois fois, la cour s’est déjà prononcée sur les lois portant règles particulières pour les législatives et présidentielles. Mais curieusement, elle a oublié de se prononcer sur la plus importante. En effet, quelle liste électorale doit-on utiliser pour les élections, combien de membres doit comporter la Cena? Autant de questions dont les réponses sont consignées dans le texte de loi bloquée actuellement au niveau de la cour. Une manœuvre qui apparaît comme une stratégie bien élaborée pour gagner du temps. La cour de son côté, prend son temps pour se prononcer sur la loi portant règle générale des élections. Le Chef de l’Etat lui, ne se presse pas pour convoquer le corps électoral. Pendant ce temps, la Cps continue sa course effrénée contre la montre pour rendre disponible une liste électorale permanente informatisée controversée et décriée par tous les acteurs politiques et même sociaux. Le schéma est donc simple, tout mettre en œuvre pour que la Lepi, quelque soit sa nature, soit disponible avant tout démarrage du processus électoral.

                              La Lepi avant toute négociation

Dans ce schéma de Lepi avant tout, le rôle que se propose de jouer l’archevêque de Cotonou tombe mal. Puisque, plus longtemps va durer la crise, et plus la Cps disposera de temps pour réaliser ‘’sa Lepi’’. Ainsi, tout le monde prend son temps. Personne n’est pressée de voire la crise dénouée, en tout cas pas dans le camp Fcbe. Et c’est à cette logique qu’on doit la stratégie de la mouvance qui a optée pour le report de la séance de négociation initiée par l’église catholique. A défaut de la boycotter clairement et de s’attirer la foudre du peuple, le gouvernement a préféré envoyer quelques menus fretins dont la mission était d’obtenir le report de la séance. Pendant ce temps, on attend que la cour rende son verdict. Un verdict qui ne presse pas et ne risque pas de tomber de sitôt, puisque la Lepi n’est pas prête. Toutes choses qui se justifient et confirment les dires du président Boni Yayi, qui on se souvient avait déclaré qu’il ne convoquerait pas le corps électoral, si la Lepi n’est pas prête.

Par Franck Dannoumè

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