Concert à l’espace Tchif de Cotonou : L’artiste chanteur de l’Afro-beat « Isdeen » confirme la maturité de son talent.

Survolté, émotionné et débordé d’énergie, le chanteur béninois de la world music, Isdeen a emporté les spectateurs dans un univers onirique de sa création musicale. Et ceci, à travers le concert en live qu’il a eu le privilège d’offrir au public d’ici et d’ailleurs le 26 février dernier à l’espace Tchif de Cotonou.

Accompagné par le groupe musical « Metalokan » Isdeen Adjohoun a démontré une nouvelle aux mélomanes ses dimensions musicales après un long retrait de recherches perpétuelles, d’écoutes et de conseils au tréfonds de la jungle. Avec efficacité, voix fine, basse et rocailleuse, le félin de l’Afro beat, Isdeen Adjohoun a su maîtriser la scène à travers une communication courante avec les spectateurs. A la fois chanteur et guitariste, Isdeen Adjohoun a parcouru plusieurs morceaux du nouvel album qu’il s’active à réaliser.

Esquissant les vécues quotidiennes, les titres du chanteur Isdeen abordent plusieurs thématiques telles que la paix, de joie, de dialogue, d’espoir, du courage, de l’amour et de justice. La musique de l’artiste oscille entre tradition, afro-beat, folk et jazz. Il s’agit d’un mélange détonant, résolument moderne. Dans un enthousiasme très serein, les spectateurs ont su découvrir les potentialités musicales de cet artiste plein d’espoir.

Selon Sourou Noudogbessi, le concert du félin de l’Afro beat béninois Isdeen intervient pour montrer aux publics les traces du travail effectué durant les quelques mois d’hibernations. Il s’agit non seulement, dit-il, de découvrir le potentiel musical de l’artiste mais aussi de relancer la carrière internationale du chantre à travers des tournées internationales. Très engagé à propulser le chantre sur la scène internationale, Sourou Noudogbessi tient à promouvoir la musique de cet artiste, espoir de la world musique. A noter que ce concert a connu avant première le passage de Dj Ness de France

Par Rodéric Dèdègnonhou

                            Rappels de quelques notes sur l’artiste

Si l’intérêt discographique et la qualité des ces enregistrements témoignent de l’importance et de la richesse du patrimoine culturel africain, il est tout de même regrettable de constater que les producteurs et labels indépendants n’ont pas su profiter de l’effervescence et du vivier des artistes contemporains pour encourager le développement et la créativité locale.

Né le 5 juin 1966 à Cotonou au Bénin, Isdeen quitte très tôt les bancs de l’école pour se consacrer à la musique sa véritable passion. Issu d’une famille de musiciens, il apprend dès son plus jeune âge la guitare, la batterie et les percussions. Il accompagne les groupes locaux mais ne parvient pas à vivre de son art pendant la période de révolution béninoise. En 1993, Isdeen accompagné de deux amis d’enfance musiciens (Mariano et Michel) décident de quitter leur pays natal pour tenter l’aventure dans la sous région d’Afrique de l’Ouest. Ils séjournent ainsi 2 ans au Ghana, où ils vivent de l’agriculture et de la musique avec leur groupe « Les Steakers ». Après un bref retour au Bénin pour des prestations musicales au So What et à La Cabane (deux établissements incontournables de la capitale), ils décident ensemble fin 1995 de prendre le chemin du Cameroun pour quelques mois. Leur périple les emmènera finalement au Nigeria où ils forment le groupe Zombo Beat avec d’autres musiciens camerounais, ghanéens et nigérians. Durant son séjour à Lagos, Isdeen en 1996 est repéré par le grand Fela Anikulapo-Kuti qui lui offre hospitalité au sein de « Kalakuta Republic » et lui demande d’intégrer le groupe de ses musiciens. Leur collaboration durera deux ans et prendra fin le 2 août 1997 à la mort du créateur de l’Afro-beat.

En 2000, fort de son expérience à l’étranger, Isdeen choisit de rentrer au Bénin pour partager et faire connaître la richesse de sa musique. Il forme avec d’autres musiciens le groupe Akpata et donne régulièrement des concerts au So What, à l’Akumanba et au Centre Culturel Français (CCF). Dans la foulée, le groupe enregistre en 2001 un titre sur l’Album Océanic produit par le CCF Bénin pour la promotion des artistes béninois. Après deux années le groupe Akpata se sépare.

E n juillet 2008, avec son premier clip video du titre « Hô» qui passent régulièrement sur les 4 chaines de télévisions béninoises, Isdeen est contacté par le ministère de la culture (Monsieur Oscar Kidjo) qui lui offre une scène de choix lors du 5eme festival international de « Gospel et Racines » du Benin pour un concert Live devant son public au centre de promotion artisanale de Cotonou. Sa prestation est saluée par la presse locale qui souligne la maturité de son talent (Nokoué 15 juillet 2008).

En 2010, à Paris, le producteur fera la connaissance de Ness, grand DJ passionné de l’Afro-beat et reconnu par l’underground Parisien. Ce dernier joue régulièrement dans son set les titres d’Isdeen lors des grandes soirées « Afro-beat No Limit » à la Bellevilloise. L‘accueil positif du public confirmera l’intérêt d’une telle production.

Après avoir suscité l’avis et l’opinion des professionnels producteurs tel que Martin Meissonnier, conforté dans son choix Sourou NOUDOGBESSI repartira à Cotonou pour finir la production qui donnera naissance à ce tout nouveau 45 tours.

La qualité du travail sonore se justifie par le choix des différents professionnels impliqués dans la finalisation du projet : Timour Cardenas pour le mixage (salif Keita, Yousou N’dour), David Hachour de Color sound pour le masstering et DJ Coshhmar fondateur de la revue Starwax pour l’Art work de la pochette. Avec ses 8 musiciens de diverses nationalités d’Afrique noir, ces 2 titres du 45T font directement références à l’univers et au vécu de l’artiste. On découvre sur la Face A le titre « Adjouhoun », un hymne à la danse de son village, est un titre qui démarre sur de l’Afro-beat postmoderne pour terminer sur un tempo High-life ravageur. En face B avec le titre « Avave », Isdeen nous raconte un conte à sa manière pour rappeler l’importante sociale de l’entraide entre les hommes dans un style Afro-funk soutenu par des percussions endiablées.

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    One response to “Concert à l’espace Tchif de Cotonou : L’artiste chanteur de l’Afro-beat « Isdeen » confirme la maturité de son talent.”

    1. CHRISTIAN de SOUZA (Philosis)

      Comme nous disons dans le jargon Artistique: « « Grosses Galères » pour l’Artiste qui n’a pas pieds ». Et le Ministère en charge, minimise le Secteur Culturel dans son ENSEMBLE. Et ce ne serait pas Oscar K. qui peut me démentir, ni Nel, ni Danialou, ni Tohon Stan ou autres artistes du pays ou d’ici (France). J’en discute souvent avec Tola Koukoui, quand on se rencontre entre deux voyages. Je sais en mon âme et conscience, qu’il y a du TRAVAIL à LANCER et à REALISER sur tout le Territoire.
      En attendant de pouvoir VIVRE de son ART,
      De Tout Cœur, COURAGE mes frères et Sœurs du Secteur ARTISTIQUE.

      Philosis

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